Expérience de dévoilement des personnes victimes d’agression sexuelle
Cette étude québécoise s’intéresse aux personnes victimes d’agression sexuelle (AS) et à leur expérience de dévoilement, selon qu’elles aient porté plainte ou non. Malgré une sensibilisation croissante, très peu de victimes entament une démarche judiciaire. L’objectif est de mieux comprendre les réalités vécues pour améliorer le soutien offert.
Les trois questions de recherche sont :
- Quels sont les incitatifs et les barrières qui influencent la décision de porter plainte ou non?
- Quelles sont les réactions vécues dans le système de justice, et quelles craintes expliquent que certaines victimes ne portent pas plainte?
- Quels sont les impacts psychologiques liés au fait de porter plainte ou non?

Méthodologie
Une étude qualitative a été menée auprès de 124 personnes victimes d’AS, réparties en deux groupes : celles ayant porté plainte et celles ne l’ayant pas fait. Les participantes ont répondu à des questionnaires ouverts sur leur vécu, leurs motivations, leurs craintes et les impacts ressentis. En savoir plus
Résultats préliminaires
- Barrières et incitatifs à porter plainte
- Les barrières incluent : la honte, la peur de ne pas être crue, le lien avec l’agresseur, le manque de confiance envers le système de justice, et la volonté de protéger l’entourage.
- Les incitatifs incluent : le désir de justice, la reprise de pouvoir, le soutien de l’entourage, la peur de récidive, et des contacts positifs avec le système judiciaire.
- Réactions et craintes
- Les personnes n’ayant pas porté plainte craignent d’être jugées, blâmées ou invalidées. Ces craintes sont souvent basées sur des expériences personnelles ou des récits médiatisés.
- Celles ayant porté plainte ont effectivement vécu des réactions négatives (jugement, négligence, commentaires déplacés), mais aussi des réactions positives (empathie, accompagnement, validation).
- Impacts psychologiques
- Ne pas porter plainte peut entraîner de l’anxiété, des symptômes de stress post-traumatique, un sentiment d’injustice ou de regret, mais également des bénéfices sur le plan psychologique.
- Porter plainte peut aussi générer du stress, de la colère ou de l’épuisement, mais certaines personnes rapportent un soulagement, une amélioration de leur état psychologique et un sentiment de sécurité.
Conclusion
Peu importe la décision de porter plainte ou non, les personnes victimes vivent des impacts importants. L’étude montre qu’un accompagnement spécialisé est essentiel dans les deux cas. Elle souligne aussi l’importance de former les acteurs du système judiciaire pour offrir des réactions plus humaines et adaptées aux besoins des victimes. En savoir plus
Questions et informations
Pour toute question relative à la recherche, contactez Laurence Dubé au laurence.dube.8@ulaval.ca
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Ensemble des publications
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